Glossaire paléophonique

ACOUSMATE, subst.masc.
Vx.Bruit de voix humaines ou d’instruments qu’on s’imagine entendre dans l’air :
« Des biographes ont écrit que sainte Cecile, prête à recevoir le martyre, entendoit au dedans d’elle-même des chants angéliques; d’où lui est venu le titre de patrone des musiciens. Si ce trait d’histoire est exact, sainte Cecile étoit alors dans un état d’Acousmate ou d’Incantation; car ces deux substantifs, dans le langage des doctes métaphysiciens, sont essentiellement synonymes. L’un et l’autre désignent une affection mentale, que peu de physiologistes savent distinguer; affection rarement morbifique, parfois endémique, mais dont ceux qui en souffroient, quand ils n’étoient pas des saints, ont souvent imputé la cause à sorcellerie. »
Étymol. et hist. − 1752 phys. (Trév. : Acousmate ou Akousmate. Terme nouvellement inventé pour exprimer un phénomène qui fait entendre en l’air un grand bruit semblable à celui de plusieurs voix humaines et de différents instruments, ce que l’on assure être arrivé au village d’Ansacq près Clermont en Beauvaisis en 1730).
Empr. au gr. άκουσμα, -ατος « ce qu’on entend ».

Termes dérivés:
Acousmatique
I.− Subst., PHILOS. Nom donné aux disciples de Pythagore qui, pendant 5 années, écoutaient ses leçons, cachés derrière un voile, sans le voir. On sait que ce philosophe, mathématicien et musicien n’a laissé aucun écrit. On rapporte qu’il imagina un dispositif original d’écoute attentive, en se plaçant derrière un rideau pour enseigner à ses disciples, dans le noir, et dans le silence.
II.− Adj., PHYS., vx., se dit d’un bruit que l’on entend sans voir les causes dont il provient.«  (Lar. 20e).
Prononc. : ɑ-kous-mɑ-ti-ke.

Musique acousmatique
Dans son Traité des objets musicaux, publié en 1966, Pierre Schaeffer reprend le terme d’acousmatique et le rattache à l’écoute réduite : « Le magnétophone a la vertu de la tenture de Pythagore : s’il crée de nouveaux phénomènes à observer, il crée surtout de nouvelles conditions d’observation. »
L’expression de musique acousmatique est utilisée pour signifier la dématérialisation de la source sonore, l’abolition de la dépendance à l’événement visible “en direct”, l’abstraction sonore et, entre autres, ses possibilités surréalistes, bien que pratiquement aucun compositeur n’ait revendiqué un quelconque lien avec le surréalisme.

GLYPTOPHONIE, subst. fém.
1756 ; de glypto- et -phonie Didact. − Science qui a pour objet l’étude et la restitution acoustique des pierres gravées.

PALÉOPHONIE, subst. fém.
Science qui a pour objet l’étude des sons du passé. Terme dérivé de la machine imaginée par Charles Cros en 1877, destinée à enregistrer et reproduire les sons, et qu’il baptisa Paléophone, c’est à dire « la voix du passé », assemblage des éléments empruntés au grec paleo (vieux, ancien) – indique la résurgence, la persistance d’un trait, d’un élément, d’un phénomène primitif, employé dans quelques noms d’animaux avec le sens de « fossile » – et de phônê (voix, parole, son en général) – entre dans la construction de noms et d’adjectifs de linguistique, de médecine et de physique relatifs, d’une part, aux sons de la parole, d’autre part, à l’émission, à la perception, à la transmission et au traitement des sons.
Étymol. et hist. − 1926, Baudot, La paléophonie et ses applications : sons du passé, parole de l’avenir ? (Le haut-parleur, Ed. G. Ventillard, Paris).
Syn. : Archéophonie. Voir aussi : Résurgence acoustique fossile.

PHONOGRAMME [fCnCgYam], subst.masc.
1887; de  phono- et -gramme
Didact.
I. − Tracé enregistrant les vibrations produites par la voix, dans la parole
II. − (1890) Signe graphique représentant un son (opposé à idéogramme).
Paléoph. − Objet sur lequel une information acoustique a laissé une empreinte audible.

PHONOLITHE ou PHONOLITE [fCnClit], subst.masc. ou fém.
1823;  phonolite 1807; de  phono- et -lithe « pierre qui résonne »
Minér. − Trachyte feldspathique qui se présente sous forme de laves compactes, sonores sous le choc. — Adj. PHONOLITHIQUE ou PHONOLITIQUE.
Paléoph. − Elément ou ensemble minéral susceptible de s’être modifié par l’action du son, et de conserver des traces paléophoniques.

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