Bulletin n°6

n° 06 – bulletin de l’Organisation des Recherches sur les Environnements Invisibles

Actualité : Fouilles archéophoniques dans le 18ème arrondissement

Le square Carpeaux : un nouveau gisement archéophonique ?
Du 12 au 17 octobre 2009 nous procédons à des fouilles dans le 18ème arrondissement de Paris, au square Carpeaux, où d’importants gisements de résurgences acoustiques fossiles nous ont été signalés.

Durant cette période, les riverains du quartier sont invités à participer à nos recherches en témoignant de leur expérience sonore du quartier.
A l’occasion de la clôture du chantier, les chercheurs auront le plaisir d’initier les participants à la paléophonie lors d’une présentation des premiers résultats des fouilles :

Vendredi 16 octobre 2009 de 14h à 16h30
(Départ de la dernière visite à 16h)

Samedi 17 octobre 2009 de 10h30 à 13h
(Départ de la dernière visite à 12h30)

Attention, compte tenu de la fragilité des acousmates, le nombre de visiteurs est strictement limité.
Inscriptions sur place, square Carpeaux (devant le kiosque à musique)
Plus de renseignements au 01 41 61 99 95

Prochains chantiers de l’O.R.E.I.:
Musée Archéologique de l’Arles Antique, du 19 au 22 déc 09

 


Environnements invisibles & patrimoine immatériel

Publiée en 2006, la norme ISO 21127 décrit les ontologies nécessaires à la description des données concernant le patrimoine culturel. C’est le résultat d’un travail de normalisation effectué dans le cadre de la définition du patrimoine culturel immatériel (intangible cultural heritage) effectuée par l’UNESCO.

La notion de « patrimoine immatériel » est apparue au début des années 1990, après les recommandations de 1989 sur la protection des cultures traditionnelles, et en contrepoint de « patrimoine mondial » tourné essentiellement vers les aspects matériels de la culture.

voutesnoirlac
C’est à l’occasion des Journées du Patrimoine qu’une équipe de l’O.R.E.I. est revenue à l’abbaye de Noirlac du 15 au 20 septembre pour y poursuivre les fouilles (voir notre bulletin N°4) et initier un public attentif aux techniques de détection d’acousmates. Les visites se sont succédées dans le monument cistercien tout le bel après-midi du dimanche, laissant certaines personnes dans un trouble bien compréhensible. En effet, le site, construit selon les règles de Saint Bernard, se conforme toujours aux idées de « désert et hospitalité » en accueillant les visiteurs profanes dans un calme exceptionnellement favorable à l’émergence d’acousmates ! L’abbatiale notamment, zone de fouilles qu’affectionne particulièrement le professeur Michelet, est toujours en parfait état de fonctionnement comme « oreille géante », selon le fameux principe de la triple voûte : constituée de parois droites et sans aucun ornement, ses proportions obéissent scrupuleusement aux règles du nombre d’or*. Les seules courbes présentes sont celles des voûtes, agissant comme transmetteur intermédiaire entre la voûte du palais (la bouche humaine, siège de la parole) et la voûte céleste (où résonnent les musiques des sphères). L’acoustique, exceptionnelle à l’oreille nue (pas d’ondes stationnaires, réverbération très longue et équilibrée sur tout le spectre), comporte de nombreux points de condensation, des « pièges à acousmates » où les sons ne meurent jamais et ont été révélés aux visiteurs par le D.I.P.A. (détecteur individuel et portatif d’acousmates) du Pr. Michelet.kuritaLa présence dans la nef des pièces de l’artiste Kôichi Kurita n’était certainement pas étrangère à cette remarquable réceptivité et à l’émotion des visiteurs. Ces installations de « Terres du centre, centre de la terre », constituées d’échantillons de terres ramassées dans la région, sélectionnées, concassées, tamisées avant que d’être rendues à la terre du cloître, n’ont pas manqué d’intéresser J-F Larquand, le directeur des fouilles, qui comme on le sait travaille toujours sur la phono-morphogenèse en recherchant toutes les formes produites par les sons, pour en déduire ensuite les sons à l’origine des formes présentes sur le site.Certes, les environnements invisibles ne figurent pas (encore) au rang des patrimoines immatériels protégés de l’UNESCO ; or, notre patrimoine sonore, étant universel, n’a nul besoin d’être mondialisé ni labellisé. Car en labellisant un patrimoine culturel mondial, ne labellise-t-on pas aussi nécessairement la mondialisation elle-même, et un certain capitalisme, voire impérialisme culturel ?…

*Le nombre d’or est souvent désigné par la lettre φ (phi) en l’honneur de l’architecte Phidias qui l’aurait utilisé pour concevoir le Parthénon.
Ce nombre irrationnel est l’unique solution positive de l’équation x2 = x + 1, soit approximativement 1,618 033 989. Il intervient dans la construction du pentagone régulier et du rectangle d’or. Ses propriétés algébriques le lient à la suite de Fibonacci et permettent de définir une arithmétique du nombre d’or source de nombreuses démonstrations.
L’histoire de cette proportion commence à une période reculée de l’antiquité grecque. À la Renaissance, Pacioli, un moine franciscain italien, la met à l’honneur dans un manuel de mathématiques et la surnomme divine proportion en l’associant à un idéal envoyé du ciel. Cette vision se développe et s’enrichit d’une dimension esthétique, principalement au cours des XIXe et XXe siècles où naissent les termes de « section dorée » et de « nombre d’or ».
Le nombre d’or se trouve parfois dans la nature ou des œuvres humaines, comme dans les étamines du tournesol ou dans certains monuments à l’exemple de ceux conçus par Le Corbusier. Il est aussi étudié comme une clé explicative du monde, particulièrement pour la beauté. Il est érigé en théorie esthétique et justifié par des arguments d’ordre scientifique ou mystique : omniprésence dans les sciences de la nature et de la vie, proportions du corps humain ou dans les arts comme la peinture, l’architecture ou la musique.
Certains artistes, tels le compositeur Xenakis ou le poète Paul Valéry ont adhéré à une partie plus ou moins vaste de cette vision, soutenue par des livres très populaires. À travers la médecine, l’archéologie ou les sciences de la nature et de la vie, la science infirme les théories de cette nature car elles sont fondées sur des généralisations abusives et des hypothèses inexactes. (source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Nombre_d’or#cite_ref-122)


La vie des chantiers: Chalon-sur-Sound logoSACD

Avant même l’ouverture du festival « Chalon dans la rue », toutes les places disponibles pour visiter les fouilles du collège de la citadelle à Chalon-sur-Saône étaient déjà réservées. Nous avons eu l’honneur d’accueillir quelques sommités du monde scientifique et universitaire, du Ministère de la Culture, de la SACD (mécènes de ce chantier) et même des « arts de la rue » (voir la rubrique « vous reconnaissez-vous ? ») ; mais surtout d’authentiques Chalonnaises et Chalonnais, dont certains avaient été élèves, parents d’élèves ou enseignants dans cet établissement abandonné depuis plusieurs années, et qui ont ainsi participé avec émotion à l’identification des acousmates. Nous les remercions chaleureusement de leurs précieux témoignages.

Les visites se sont traditionnellement conclues par la production collective d’une balise archéophonique, un « son commun, mais pas ordinaire » selon le rituel cher à Marcel Baudot. Gageons que cette trace, de grande qualité, sera encore parfaitement perceptible pour les générations futures.

On reconnaît parfaitement quelques participants au chantier parmi les jeunes chalonnaises et chalonnais qui posaient, quelque 30 ans plus tôt, dans la même cour. Mais le plus émouvant est sans doute que ces écoutants ont cru y reconnaître quelques sons de leur enfance. 


 
 
 


Les archives de l’o.r.e.i.

Collection « les détecteurs d’acousmates »

carte_DECORSONORE:Mise en page 1

Suite à de nombreuses demandes, nous rééditons en cartes postales certaines des étapes les plus remarquables de l’histoire de l’Organisation. Ces cartes sont disponibles exclusivement sur les chantiers, pendant les ouvertures au public.
 
 
 Découvrez toutes la collection!
 
 
 
 
 
 
 
 

Devenez membre de l’O.R.E.I. ! Une manifestation acousmatique dans votre quartier ? Un son d’une espèce protégée en voie d’extinction ? Contribuez à la recherche sur les environnements invisibles en nous envoyant vos témoignages… Et lors des visites de nos chantiers de fouilles, n’oubliez pas de signer le Livre d’ORei !

 


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